vendredi 28 mai 2010
Les riverains
La vieille
Quand elle n'est pas reclus dans sa demeure comme une parfaite misanthrope, elle se trouve courbée non loin de sa porte ou de son portail, ramassant lentement, avec une application enfantine et touchante, des herbes et plantes, vertes ou jaunes, dont elle se sert pour ses poules, ou dieu sait quoi!
Le pauvre sorcière n'a pas d'autre distraction que la lecture, ni la télévision, ni la radio, ni internet, ni même Véda ne sont encore parvenus jusqu'à elle, son cerveau étant bien trop lent pour absorber tout cela!
Quoique riverains directs, elle et moi, nous ne nous voyons pas. Nous évitons même de nous rencontrer.
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Les contes de Villa Rossa
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vendredi 21 mai 2010
Les riverains
La vieille
Dans sa cabane de parpaings tout juste crépie, que son ex-mari, parti avec sa secrétaire, avait construit lui-même, pas un ustensile qui ne soit son ouvrage, depuis le hamac d'osier tressé où elle dort, en passant par les pierres assemblées en foyer qui lui servent de cuisinière et les pieds de tamaris taillés de meubles, jusqu'au portail de barres de fer soudées fermant cette singulière habitation.
La femme est au moins aussi étrange que son logis. C'est une espèce de sauvageonne silencieuse comme les solitaires, abritant sa méfiance de paysanne désabusée sous d'épais poils et sourcils en broussailles.
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vendredi 7 mai 2010
Les riverains
La vieille
Chez la vielle Corneille, tout grelottait, tout avait la fièvre du passé, et c'était pitié de voir le visage jauni, tiré, cerclé, trop haut, de cette malheureuse dame nature condamnée à se traîner pendant cinq mois, sous ce plein soleil inexorable qui brûle la végétation sans la réchauffer d'entrain...
Difficile et pénible vie que celle de Madame Corneille à Rebarbel!
Et encore, si celle-ci avait un homme ou sa fille près d'elle, mais non, dans son marécage, presque digne d'un Bayou, elle demeure et vit absolument seule d'un bout de l'année à l'autre, menant une véritable existence de Robinson.
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